Tu t'es comporté avec moi comme un enfant
Qui apprends la sculpture
Ton impétuosité pensait avoir raison de la dureté de la glaise sous tes doigts
A force d'être pressée, broyée, pétrie,
La glaise a suinté de larmes
Qui bientôt ne devaient plus s'arrêter de couler
Tu te rendais compte que la glaise se laissait plus facilement sculpter
Lorsqu'elle suintait de souffrance
D'ailleurs la rumeur haletante que tu sentais sous tes doigts
Ne semblait pas te dire d'arrêter.
Tu prenais la souffrance sans nom,
Sans plus de force pour crier,
Comme la marque d'un hurlement de désir
Dans ce désert de mots et de personnes,
Plus rien ne faisait obstacle
A ce que tu gommes encore et toujours
Les courbes et les aspérités que ton autoritarisme refusait
Pour qu'il ne reste plus qu'un lissé parfait de loin,
Et les sillons de tes empreintes digitales de près.
La glaise était toute à toi,
Puisque plus rien ne laissait distinguer ses formes,
Puisque le mouvement incessant de tes doigts sur elle,
Ne laissait pas d'atténuer la frontière entre toi et elle
Lorsque la douleur a été trop vive,
Lorsque chaque millimètre carré de la glaise fut saturé de larmes,
Tu as porté un dernier geste vers son visage
Et l'a balayé d'un simple revers de la main.
Il ne restait alors plus rien d'elle qu'une forme indistincte
Sans vie,
Sans aspérités
C'est après la vaporisation de son visage,
Ce dernier acte de rédition,
Que tu as décidé que la glaise était trop récalcitrante,
Et que ses propriétés ne correspondaient pas
A l'oeuvre que tu t'étais proposé d'accomplir
Plus aucune dignité, distinction, race,
N'émanait plus de cet objet indistinct,
La peau était devenue larme,
La peau avait fondu,
La peau était redevenue boue
La peau s'était assoupi dans un silence assourdissant,
La peau faisait la morte,
Elle feignait de ne plus exister pour te désintéresser
Elle feignait de n'être plus amusante
Pour n'être plus ton joujou,
Toi l'enfant cruel entre tous...
L'agonie la guettait,
Lorsqu'elle est partie sur la pointe des pieds
Tout doucement,
Comme pour ne pas se réveiller elle-même
Plus aucun principe vital n'irriguait son être,
Et sa respiration n'était plus qu'un souffle,
Sa voix, le doux gémissement d'une berceuse lointaine,
Consenti du bout des dents
Il n'y avait plus de salive, plus du sang,
Elle était desséchée
Comme un vieux cuir
Que le temps a froissé
La femme sans visage se résume en un mot : tu es mon annihilation".
J'ai tout fait pour cet homme, je me serais damnée, si j'avais pu. Je ne savais plus comment lui montrer que je souffrais, comment lui demander par pitié d'arrêter. Je croyais que le spectacle de ma souffrance, le ferait stopper (j'allais d'ailleurs jusqu'à des proportions presque inhumaines de souffrance). En réalité, il aimait cette souffrance.
A toutes les victimes de ces êtres dangereux, toxiques, que sont les pervers narcissiques, je ne dis qu'une chose: ce n'est pas vous, fuyez et surtout suivez votre intuition. Les alarmes qui se déclenchent sans cesse.
Après tout, ne m'avait-il pas dit, au début d'une histoire-conte-de-fée : J'ADORE te voir PLEURER.
Voici des sites vers cette pathologie à ne pas prendre à la légère (elle est proprement mortelle, j'en suis presque la preuve) :